Manger au Moyen Âge

Manger au Moyen Âge: Pratiques et discours alimentaires en Europe au XIVe et XVe siècles

L’alimentation médiévale est un monde disparu de saveurs et d’odeurs. Pour le retrouver, l’auteur scrute les recettes laissées par les maîtres-queux du roi qui nous dévoilent la richesse des ingrédients utilisés dans les cuisines royales : plats épicés et plats colorés dominent les tables et les repas. Il se réfère également aux fouilles archéologiques restituant la cuisine-salle à manger des paysans. Et reconstitue ainsi pour nous l’imaginaire culinaire de nos ancêtres et les diverses pratiques liées à la préparation des repas. En la matière, le Moyen Âge est synonyme de diversité : par la quantité et la qualité de ce qu’il mange, et par la manière dont il le mange, le noble se distingue du pauvre, le clerc du laïc, l’Anglais du Français et le Gascon du Flamand. Aux XIVe et XVe siècles, manger n’est pas seulement une nécessité : c’est aussi, déjà, un plaisir.

Extrait de « Manger au Moyen Âge »

« Jamais – sauf peut-être durant le Paléolithique ! – les Européens n’ont mangé autant de viande et ils mettront des siècles à retrouver les niveaux atteints dans les villes allemandes des XIVe et XVe siècles : 400-500 g par personne et par jour gras, soit environ 100 kg par an. Mais la consommation carnée est déjà inférieure de moitié à Tours où l’on mange pourtant deux fois plus de viande qu’à Carpentras. Dans une région aussi peu carnassière que la Sicile (16-26 kg par an et par personne seulement), certains salariés agricoles ont droit à 1,4 kg par semaine et les garçons bouchers jusqu’à 2,8 kg. La viande est donc plutôt le privilège des travailleurs de force ; mais aussi des classes fortunées : chacun des convives de la reine d’Aragon Maria de Luna s’en voit offrir quotidiennement jusqu’à 3 kg ! A l’intérieur même des couches dominantes, les différences sont sensibles : près d’un kilo par personne et par jour gras à la cour du comte d’Auvergne à Vic, 600 g chez le petit seigneur voisin, Guillaume de Murol, et encore plus de 500 g pour une prieure qui vit conventuellement dans les monts du Cantal et n’a que des femmes à sa table. (P72-73) »
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